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Biographie : Qui était Barthélémy Boganda ?

 
Homme d’église et par la suite homme politique centrafricain, Barthélemy Boganda a beaucoup œuvré pour le développement de l’ancienne Oubangui-Chari et l’unification de l’Afrique centrale en un vaste ensemble fédérale. Dans cette série d’articles que nous lui consacrons, nous parlerons dans un premier article de l’homme et de sa vie, dans un second article de sa carrière politique et dans un troisième et dernier article de ses tentatives et échecs de la formation des ‘’Etats-Unis de l’Afrique latine’’.
PHOTO BOGANDA
Barthélemy Boganda est originaire de la région de la rivière Lobaye, à l’ouest de Bangui. Il naît dans un univers de violence, à une époque où les populations vivent dans une grande pauvreté. En effet, au début du siècle, des compagnies concessionnaires ont aménagé de grandes plantations. Les conditions de travail forcé qu’elles pratiquent sont si dures dans le territoire de l’Oubangui-Chari qu’elles entraînent des révoltes et qu’elles sont dénoncées par de nombreux voyageurs.
Gboganda dont  la transcription en langue française a donné Boganda est né le 04 avril 1910 pendant la période chaude de la colonisation, dans un petit village appelé Bobangui en pleine région forestière. Son père, Soualakpe a été à la fois chef des guerriers et grand propriétaire terrien, polygame, il a eu de nombreux enfants dont Gbogbo, Lenkoundou, Yangongo, kapibere, Madison, Woroséavo, Babele, Woguirianguian, Pegban , Gbonganda, etc… Gboganda comme tant bien d’autres est issu de la cinquième épouse qui s’appelle Sidibé.
Dès le début du XXe siècle, par le décret Guilain, sous secrétaire d’Etat à la colonie dix sept compagnies concessionnaires sur 40 venaient de s’installer sur le territoire de l’Oubangui-Chari notamment dans les régions de forêts afin de se ravitailler en caoutchouc, huile de palme, palmiste, peaux de serpents et de panthères. Hommes, femmes et enfants en âge de travailler (10 à 12 ans) doivent fournir à la compagnie forestière ‘’Sangha-Oubangui’’ toutes ces matières destinées à l’exportation. Sidibé, la mère du futur ‘’héros’’ centrafricain, n’ayant pas fourni la quantité du caoutchouc exigée, a été soumise à la torture, aux sévices des bazinguers ou miliciens mis à la disposition de ladite société par l’administration coloniale. Elle succombe sous les yeux de son mari Soualakpé et de ses enfants qui en garderont un souvenir amer et douloureux.Le père de Boganda, ne pouvant supporter la mort tragique de son épouse Sidibé, meurt peu de temps après de chagrin.
Orphelin de père et de mère, Boganda connait une existence malheureuse, mélancolique et taciturne. Il est souvent couvert de plaies dues à la variole. Il en gardera sur le visage et le corps, des cicatrices indélébiles jusqu’à sa mort.Opprimé et révolté, il rêve de venger un jour ses parents.  Mais sa future formation religieuse lui épargnera la révolte armée ; d’ailleurs dans son intervention à Berbérati en avril 1954 pour calmer les Gbaya  qui se sont insurgés contre l’administration dans l’affaire Botemps (agent des TP de Berbérati qui a assassiné son cuisinier Nzembe et son épouse enceinte de deux mois. Ce triple meurtre a provoqué l’insurrection des  Gbaya. A 12 ans, il est doué d’un esprit vif et d’une intelligence remarquable. Le révérend Herriau de la mission catholique Saint-Jean Baptiste de Bétou le découvre et n’hésite pas à le récupérer pour le confier au révérend père Fayet de l’église Saint-Paul des rapides à Bangui, pour son éducation et sa formation religieuse.  Il est baptisé le 24 décembre 1922 et il prend le prénom de Barthélémy, douzième apôtre de Jésus-Christ. Son parrain a été André Alafay. Au lendemain de son baptême, c’est-à dire le 25 décembre, jour de noël, il reçoit sa première communion suivie de sa confirmation. Il entre au petit séminaire de Brazzaville dirigé par les pères spiritains français puis au terme de ses solides humanités, il poursuit ses études au moyen séminaire de Kisantu au Congo belge aujourd’hui appelé République Démocratique du Congo ; lequel est dirigé par  les prêtres jésuites belges.
En 1930, il enseigne le catéchisme à Saint-Paul  des rapides. Attiré par la prêtrise, il est envoyé l’année suivante au grand séminaire St-Laurent de Mvolyé à Yaoundé (Cameroun) tenu par les bénédictins suisses.
Séminaristes intelligent et cultivé,  il est passionné de lecture, d’écriture, et de travail manuel. Il achève avec brio ses études théologiques et philosophiques avec une panoplie de connaissances qui feront de lui un érudit. De formation classique, c’est un bon orateur. Il manie avec aisance ses idées tant  en Ngbaka, en Sango, en français que dans la langue gréco-latine. Doué d’une mémoire prodigieuse, il se souvient sans défaillance des faits lointains. Il se dit que Boganda avait toujours la meilleure note en français, en philosophie et en latin au grand séminaire St Laurent de Mvolyé à Yaoundé.
Le 29 mars 1937, B. Boganda est consacré Diacre. Un après, il est ordonné Abbé le 27 mars 1938 à la cathédrale Notre Dame de Bangui par Mgr Grandin, le premier prêtre noir de l’Oubangui-Chari. Il est aussitôt affecté à la mission St-Paul comme Vicaire et il s’occupe avec amour de l’évangélisation de la population de Ngaragba et de Kassai. Peu de temps après, il est nommé sous-directeur du petit séminaire St-Marcel qui vient d’ouvrir ses portes qui seront fermées aussitôt en raison du déclenchement  de la Deuxième Guerre Mondiale  ayant mobilisé la plupart des prêtres de l’Oubangui-Chari.  Le séminaire reprend ses activités en 1947. Il crée une paroisse à Zongo en territoire belge situé sur la rive gauche de l’Oubangui. En 1946, l’abbé est encore affecté cette fois-ci à Bangassou où il s’occupe de nombreuses paroisses. Il n’y séjourne pas longtemps car en fin d’année, très exactement  le 10 novembre, il est élu au suffrage universel Député de l’Oubangui-Chari au deuxième collège de l’assemblée française contre le Lieutenant-colonel  Baucheron de Boissoudy de nationalité française ; c’est le début de la carrière politique de celui qui sera le président-fondateur de la république Centrafricaine. De cette carrière politique nous en parlerons au cours d’un prochain article réservé à la suite de sa biographie.
Rodrigue Djengoué.
 

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