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Cameroun-Culture : Blanche Bailly s’exprime sur son récent single ‘’Bonbon’’ dans 7 minutes pour convaincre

Suite et fin de notre série d’articles consacrée à l’entretien entre Blanche Bailly et Romaric Tenda entretien diffusé sur le site d’Afrik-Inform.com.
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Blanche vous venez de sortir votre dernier single qui est intitulé ‘’Bonbon’’. A qui vous adressez vous ?
« Rire. A tous ceux qui m’écoutent. Pourquoi tu cherches toujours la petite bête ? » Répond Blanche.
Quand vous dites je ne suis pas ton Bonbon vous parlez de qui ?
« Tous les dragueurs nooh… Quand vous venez, venez prêt.» déclare t-elle.
Racontez nous un peu l’histoire de ‘’Bonbon’’. Qu’est ce qui se passe derrière cette histoire?
« Elle est très simple j’explique un peu comment les mecs draguent c’est tout. (A capela de la partie en pidjin de la chanson suivi de la traduction) : La bouche coule. Gars tu m’appelles tous les jours. Sa veut dire que mon téléphone là passe jusqu’à… Maintenant je dis ton discours ne me flatte pas tu ne m’aura pas comme sa. Je te connais tu aimes mentir. Voilà je ne suis pas ton Bonbon.» Explique t-elle.
Dans le clip c’est quoi cette scène de ce mec qui consomme une sauce essentiellement pimentée et après on vous voit comme dans une sorte de rassemblement avec des filles entrain de se moquer de lui ? C’est le sort que vous réservez aux hommes désormais ?
Blanche « Tu sais que les mecs à la base. Rire. No oh ! Il ne faut pas aller faire ce que j’ai fait dans le clip. Comme je dis toujours je joue un rôle. Comprenez sa je joue un rôle. Il y a les filles qui vont faire pire que sa. Moi je sais qu’à la base, les hommes naturellement n’aiment pas aller aux toilettes chez les femmes. Quand un homme va et il dure aux toilettes, ce n’est pas esthétique. Rire. »
Quand on regarde vos vidéogrammes, on n’a envie de vous demander Blanche qui êtes-vous concrètement ? Est-ce que vous êtes une artiste musicienne qui se sert de la musique pour exprimer les idées ou alors une demoiselle qui se sert de la musique pour vendre autre chose ?
Blanche « Waou ! Je vends beaucoup de choses»
Comme quoi par exemple ?
Blanche « Rire. Je vends beaucoup de choses. Pourquoi tu veux savoir ? Je sais ce que tu veux savoir. Ce que tu veux que je dise. Ce que pensent les gens. Moi je suis une artiste. A travers ma chanson j’exprime mon quotidien, j’exprime ma vision de la vie. J’exprime mon ressentie et tout le reste. A travers la musique je vends beaucoup de choses. Je vends de la confiance en soi à toutes ces femmes qui ne se croient pas belles, qui croient qu’elles ont des cellulites, qu’elles sont comme moi. Elles ne peuvent pas être sexy. A travers de la musique je vends du rêve à tous ces jeunes qui ont mon âge et qui se battent tellement fort pour suivre leur rêve parce que Blanche Bailly je ne suis pas la plus âgée. Et faire ce que je fais avec autant de passion et de travail, avec le peu de moyen que j’ai ce n’est pas facile. Ça ne se retrouve pas dans la jeunesse de tous les jours. Mais bon après comme je dis toujours je n’aime pas trop parler de moi. Je trouve que ce n’est pas encore le temps pour que je raconte tout ce que j’endure et tout ce qui se passe en bag stage. A capella… »
Alors Blanche est-ce que vous êtes obligée à chaque fois peut-être quand vous réalisez vos vidéogrammes ou bien quand vous êtes sur scène de vous habiller d’une certaine manière, je veux dire condescendante ?
Blanche « Si la chanson ou la scène l’exige je la ferai. J’ai des titres intenses, j’ai des chansons… Ça dépend du concept de la chanson. Mais on ne doit pas me mettre à l’église et je serais habillée en mode sexy. Je ne serais pas non plus à la plage en mode couvert. Je ne comprend pas.»
Donc vous vous habillez en fonction du concept ?
Blanche « En fonction du concept, en fonction du concept de la chanson et de la scène. C’est tout voilà.»
Quand vous réalisez un clip avec un mannequin, jusqu’à cette période il y avait le phénomène de poupées qui battait de l’aile au Cameroun. Et beaucoup de personnes ont dit voilà Blanche Bailly est venue lancer la tendance. Que pensez-vous de cela ?
Blanche « C’est moi qui ai lancé la tendance ? Au lieu de dire que Blanche Bailly a vu loin et de m’applaudir »
Les poupées sexuelles ?
Blanche « Ekié ! Mais j’ai vu de loin, j’ai vu de loin. »
Dans la chanson quand vous exécutez le titre effectivement avec ce mannequin, c’est quoi l’esprit ?
« Franchement les camerounais n’ont pas compris. Les camerounais n’ont pas compris l’idée de Dinguo et je ne les en veux pas. C’est ce qui tue la musique africaine aujourd’hui. »
Blanche vous ne pensez pas que la musique c’est essentiellement communiquer et que vous devez suffisamment aplatir les codes pour que tout le monde comprenne ce que vous voulez transmettre comme message ?
Blanche « Non justement c’est ça qui nous tue. Parce que ça empêche la réflexion humaine. Tu ne peux pas… Ici chez nous lorsqu’ on dit la bouteille il faut qu’on voie la bouteille. Puisqu’ils sont tellement habitués à voir du ‘’oh ha’’ comme je dis, quand tu montres autre chose qui signifie l’image que tu dis, ils ne comprennent pas. Et il y a une sorte de décalage. Mais si on continue à faire comme ça à leur donner oh le téléphone on montre le téléphone. Ils ne vont jamais comprendre. C’est comme le rap. Le rap on te dit on fait des allusions d’images. Donc ça doit être comme ça un vidéogramme. Et ça c’est pour moi ce qui tue un peu l’évolution de la musique africaine. Parce que c’est tout le temps la même chose. Ça rode tout le temps autour du même scénario. Il n’y a personne qui sort du lot. Et lorsque tu sorts du lot, que tu fais un truc plus intense, qui a besoin de la réflexion. Je trouve qu’en fait ils ne veulent pas réfléchir. Ils veulent juste que tu me dis : Tu me rends dingue oh…On montre un mec là-bas, oh le téléphone il est tombé. Il t’aide à ramasser le téléphone. Vous vous regardez dans les yeux comme dans les films indiens…»
Dans votre style on n’a l’impression que vous occidentalisez votre musique.
Blanche « Mais je viens de l’occident. Je ne peux pas m’en n’empêcher. J’ai deux cultures il faut qu’ils comprennent. J’ai vécu jusqu’à 12 ans en Afrique. J’ai gardé le côté africain, je parle toujours mon Bagangté. Si je parle le pidjin ici tu vas wanda (en franc-anglais signifie être étonné, surpris Ndlr) même si je suis déjà partie à Beng (Pays des blancs surtout la France Ndlr). Je suis ici je parle toujours avec l’accent camer. Nooh ? Oui. Mais ça n’empêche pas le faite que j’ai quand même vécu la moitié de ma vie en Europe et c’est ça qui m’a ouvert l’esprit. J’ai un esprit plus ouvert, une vision plus ouverte et c’est la musique. Je dois toucher autant de gens possible. Dont quand je m’exprime ce n’est pas seulement pour les africains. Il faut qu’un européen à un moment précis regarde ma vidéo et comprenne. Si on continue à faire des clips que pour les africains pourquoi les blancs devraient regarder nos vidéos et comprendre ?
C’est d’abord une touche particulière vendre la culture africaine.
Blanche : « Oui je la vends. Je l’ai vendue dans Mimbayeur. Ça veut dire que tous les jours je dois faire les clips où je sorts la babouche je chasse quelqu’un ? Où tous les jours je dois donner le… »
On n’aimerait voir Blanche Bailly par exemple dans un super clip tourné au village entrain de tourner du couscous, dire aux femmes voilà prenez soin de votre homme.
Blanche : « Ça va arriver, ça va arriver. Attend vous ne connaissez pas toute ma liste de musique que j’ai. Comme je l’ai dit chaque musique à son message. C’est-à dire chaque musique a son concept et je joue le rôle dans chaque musique. Donc calmez vous le voyage est encore très, très long. Vous avez tout le temps de découvrir ma Play liste.»
Après ‘’Bonbon’’ à quelle étape de vos projets êtes-vous concrètement ?
Blanche : « Hum. Après ‘’Bonbon’’ ce sera un single. En faite j’étais censée sortir mon IP le mois dernier et je n’ai pas pu, suite à deux, trois choses. Mais après ‘’Bonbon’’ ce sera toujours un single jusqu’au moment où mon album sera prêt. Je ne suis pas pressée. Moi je suis quelqu’une comme je dis, je suis très perfectionniste. Et quand tu vois mon travail tu peux le sentir. Je prends mon temps et je le fais bien et quand je me donne, je me donne au maximum. Pour moi c’est le résultat qui compte, ce n’est pas le temps. Même si je prends un an ou cinq ans pour faire un album, je préfère prendre 5ans. Mais lorsque l’album là sort il faut que sa fasse l’effet. »
Que pensez-vous Blanche des entreprises qui aujourd’hui approche des artistes pour leur permettre d’être des égéries des marques ? Que pensez-vous de cela ?
Blanche : « C’est une bonne chose nooh. C’est… »
Ça valorise la culture, la musique ?
Blanche : « Bien sûr, évidemment. Représenter… »
Une marque vous a-t-elle déjà approché ?
Blanche : « éhé tu aimes trop le Kongossa (commérage dans le argot camerounais Ndlr) je ne dis rien. Beaucoup m’ont déjà approchée. Beaucoup. »
Vous n’êtes pas encore engagée avec une marque ?
Blanche : « Rire. Pas encore. Je suis encore ouverte. »
Je vous pose une autre question et si une marque comme Techno, Itel ou Infinix vous approche est-ce que vous allez accepter ?
Blanche : « Je ne fais pas la pub ici hein. Ça dépend. Ça dépend du contenu du contrat. Je vous ai déjà dit moi je ne suis pas pressée voilà. Chaque marque qui m’approche, il faut que je sois en accord avec les termes. Lorsque je serais en accord avec tout ce qu’elle propose et eux aussi vice versa, voilà nous allons travailler. Si jusqu’ici je n’ai pas encore été l’égérie d’une marque ou quoi que ce soit c’est parce qu’il y a pas eu une entente entre nous deux. Il y a soit mes conditions qui ne leur plaisent pas ou vice versa. »
On va sortir par là Blanche un a capella de votre dernière chanson ‘’Bonbon’’ ou bien d’une chanson que vous voulez pour nous faire plaisir et aux téléspectateurs.
Blanche : « Tu me bombardes de tes messages, me bombardes de tes messages tous les jours. Facebook, Instegram. Tu m’étouffes avec tes…. Tu ne m’auras pas comme ça oh.»
Continuez la partie en Bangangté.
Blanche : « Ekié ! Suite de l’a capella en Bangangté. Rire.»
Merci infiniment Blanche.
Blanche : « Merci beaucoup de m’avoir reçue.»
C’est ici qu’on va mettre un terme à cet entretien en vous disant merci parce que vous avez effectué le déplacement d’une ville à une autre pour être ici avec nous. Merci infiniment.
Blanche : « Ce fut un plaisir.»
Rodrigue Djengoué.

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