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Cameroun-Politique : Henriette Ekwe ‘’La seule chose qui peut faire bouger le pouvoir c’est la rue’’

Dans la seconde partie de l’émission radiophonique ‘’Une semaine un dimanche’’ diffusée le 6 mai dernier sur les ondes  Radio Equinoxe, Henriette Ekwe la militante des droits de l’homme et des libertés  telle une prophétesse a développé une série d’analyses très pertinentes sur la vie politique du Cameroun. Des analyses qui se vérifient au regard  l’actualité politique du Cameroun.
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Parlant de l’actualité politique au Cameroun, le présentateur s’est inspiré de la position  d’Edith Kah Walla présidente du Cpp pour démarrer la deuxième partie de l’émission. En effet, Edith Kah Walla femme politique  camerounaise estime que sa ne vaut pas la peine d’aller aux élections au moment où les autres leaders politiques se préparent pour  y aller    (c’est ce qu’elle a déclaré lors de son récent passage à l’émission une semaine un dimanche. Ndlr). Une position que Henriette Ekwe épouse « Kah Walla a parfaitement raison. Je rappelle quand même que le président de la république à l’occasion de l’accession des femmes, des footballeuses au podium, en deuxième position,  Il a dit qu’il préparerait la Can avec ces femmes là, la Can masculine. Et il l’a répété en 2017 lorsqu’on n’est venu présenter le trophée à la présidence de la république. C’est-à-dire que c’est le candidat déjà élu. (Rire).Vous ne pouvez pas dire qu’on fait la Can en 2019, mais c’est moi qui vais faire la Can. Entre temps il y a eu une élection. Non je dis sérieusement que euh… On n’a un peu trompé les hommes politiques. Et c’est vrai qu’il y a une telle indigence, que le petit pécule qu’on donne pour aller aux élections ils sont accrochés à sa. Mais la réalité c’est que quand une démocratie confisque, kidnappe l’espace publique pour le mettre au service d’une formation politique et pas une autre, sa veut dire que vous êtes dans une situation où vous ne pouvez pas vous mouvoir. Vous sortez deux semaines le temps d’une campagne et vous êtes priés de retourner à la niche. Parce que après c’est le Rdpc (Parti au pouvoir au Cameroun. Ndlr.) qui a droit au chapitre. Rien que sa c’est un élément de distorsion de la démocratie. Parce qu’il y a une constitution qui donne le droit à tout le monde d’avoir accès à l’espace public. Alors on vous laisse dans les plateaux, vous pouvez vous défouler sur les plateaux. Mais les sous-préfets, les préfets, les commandants de brigade et tout ce monde là il tombe sur votre dos quand vous essayez seulement de  vous adresser aux populations. Pourquoi ? Parce que le pouvoir s’est bien rendu compte que si on laisse ouvert l’espace public sa peut… Provoquer une tornade. » Renchérit-elle.
Le célèbre nationaliste congolais Patrice Lumumba affirmait dans une lettre très célèbre que la liberté est l’idéal pour lequel de tout temps les meilleurs parmi les hommes ont su combattre et mourir. Une affirmation qui interpelle les hommes politiques camerounais à aller au chaudron. « Mais bien sur qu’il faut aller au chaudron. » Rétorque Henriette Ekwe.  Avant d’ajouter  « Sa ne sert à rien. Mais bien sur, Osih a une puissante machine électorale derrière lui. Kamto donne des signes qu’il peut faire quelque chose. Mais ce n’est pas possible. C’est verrouillé. Totalement verrouillé. Pourquoi ? Parce que le pouvoir a vu les frayeurs auxquelles il a été confronté en 1992. Je rappelle que le premier mars il y a eu  les premières élections législatives le Rdpc a été battu à plate couture. Il a fallu attraper le Mdr (Parti politique camerounais. Ndlr) et tout sa…Pour constituer la majorité absolue nécessaire pour contrôler le parlement. En octobre, une grosse frayeur encore, avec l’Union pour le changement, avec des meetings mais alors… Du jamais vu. Bon l’Etat qui est… Vous pouvez imaginer qu’une ville dans laquelle vit le candidat l’opposition, on envoie des centaines de camions militaire pour placer tout le monde en Etat urgence. Et que le candidat est placé en résidence surveillé pendant que le pouvoir est entrain de négocier avec… Je ne sais pas si c’est Dipanda Mouellé (ancien président de cours suprême au Cameroun. Ndlr)  ou d’autres. On n’a mis  plus de deux mois pour  nous sortir les résultats. Sa veut dire qu’il y avait un problème.
Certains observateurs estiment qu’on peut contourner cette triste situation en faisant une coalition pour désigner un candidat unique. « Bon la dernière expérience d’une coalition c’était en 2004. Qu’est-ce qui s’est passé ? Les partis politiques se sont réunis en disant que bon,  on n’a gagné en 92, on nous arraché la victoire, mais maintenant on retourne à la formule coalition. Ils se sont mis ensemble, et quand ils se sont mis ensemble, qu’est-ce qui s’est passé ? On fait une espèce de listing de qui peut être candidat et toutes les qualités excluaient Fru Ndi. Or tout le monde veut l’électorat de Fru Ndi. (Oui mais c’était un code qui était taillé sur mesure visiblement…) Oui pour l’exclure et prendre son électorat. Deuxièmement  il est apparu des choses bizarres dans cette coalition. Un soir des membres qui étaient partie prenante ont fait venir un certain Akame Mfoumou qui est un des piliers du pouvoir pour qu’il soit candidat. Sa c’est quoi ? C’était le jeu ou  c’était quoi ?  D’ailleurs Fru Ndi a claqué la porte.  Mais quand il est arrivé à Douala le lendemain, il a fait un meeting monstre au stade annexe de Bepanda. Donc on ne peut pas dire qu’il est facile de faire une coalition. Il y a des principes qui doivent fonctionner, l’élection à deux tours corrigeait un peu ce qui se passe dans le fichier officiel etc. Il m’est déjà arrivé de m’inscrire et je n’ai pas la carte. Donc on ne sait pas. Il y a des choses terribles qui se sont passées au Cameroun. C’est du jamais vu. Vous imaginez qu’un jour les gens qui gèrent  l’élection l’ONEL (L’ancêtre d’Elecam) ils vont au marché central à Douala ils disent à tous les commerçants il vaut mieux venir prendre votre carte ici à New-Bell vous serez plus près de votre lieu de travail ninieeh…Ils s’y sont allés. Certains pas du tout. D’autres y sont allés. Et qu’est-ce qui s’est passé en 2002 ? A 17h les gens cherchaient encore leur carte. Il y avait un tas de cartes. Mais on prend des cartes on va les déposer à Nkongsamba. Quelqu’un est là bas il dit mais  Duval j’ai ta carte ici tu es où ? Bien sûr je suis à Douala. (Rire).» Explique t-elle. Il faut souligner qu’en 2002 il y avait eu report des élections car rien n’était prêt pour l’organisation du scrutin.
Au regard de cette tentative de coalition manquée, Henriette Ekwe conclue que l’idée de la coalition pour l’élection présidentielle ne peut pas prospérer au Cameroun. « Vous allez à une coalition où le parti les plus solide en terme d’implantation, en terme de militants, en terme de… C’est le SDF et  vous lui dites met toi derrière. Ce n’est pas possible. Même en France quand il y a une force de gauche qui est dominante c’est elle qui est la locomotive. Donc il est difficile de mettre en application ce genre de chose. Pour dire que l’autre va s’aligner. Ce n’est pas possible. Donc on va vers… Il n’y aura pas de coalition. » Conclure t-elle. Pour elle au terme des consultations électorales de l’année 2018 il n’y aura pas de révolution, pas de nouvel ordre. « La seule chose qui peut faire bouger le pouvoir c’est la rue. Or le pouvoir a retourné l’opinion nationale contre les acteurs politiques qui sont tentés par la rue. Pourquoi ? A force de leur dire qu’ah ils veulent envoyer vos enfants à la mort. On ne demande pas au pouvoir que pourquoi toi tu vas tuer les gens alors que la constitution dispose qu’ils peuvent s’exprimer librement. On ne lui pose pas la question. Ce qu’on dit c’est que les hommes politiques ont envoyés des enfants à la mort. Qui a donné la mort ? Ce sont les forces de défense et de police voilà ! » S’exprime t-elle. L’année 2018 est une année électorale au Cameroun. Une année où il pourrait se dérouler plusieurs élections. Du coup il se pose la question de savoir si le président de la république pourrait organiser les élections couplées ou alors reporter les élections législatives et municipales. Pour Henriette Ekwe l’éventualité du report des élections n’est pas à exclure. « C’est possible on ne craint pas les reports chez nous. Le calendrier électoral a parfois des choses bizarres. On peut prolonger des maires d’un an etc. C’est déjà arrivé. Ce qui est sûr c’est que c’est le pouvoir principale c’est-à-dire le président de la république qui gère tout sa. Et s’il doit gérer tout sa, il faut qu’il gagne les élections. Ceci dit il va les gagner. Mais il ne peut pas être surpris par une victoire aux législatives et autres. En fait tel qu’est conçu le code électoral il faut une révolution. Donc il faut changer. » Précise t-elle. Quelques noms des leaders de l’opposition camerounaise  sont évoqués à la fin de l’émission afin qu’Henriette Ekwe émette un avis sur leur programme politique. « Maurice Kamto c’est un grand intellectuel. Je veux le voir sur le champ politique. Parce que je n’entends pas beaucoup ses propositions. Mais il a une espèce de pêché majeur. C’est sa prestation de mars 2008 en allant défendre la levée de la limitation des mandats. Maintenant après sa  c’est un homme politique je crois qu’il faut lui donner toutes ses chances. Joshua Osih a grandi dans les girons du SDF donc il est habitué aux débats, aux confrontations puisqu’ils se  réunissent régulièrement. Le NEC avec des forces contradictoires. Il a une pratique politique beaucoup plus étoffée que celle de  Kamto qui vient seulement d’entrer en lice. Akere Muna (Rire). Akere Muna. Bon je veux dire qu’Akere Muna est là. Mais il ne faut pas qu’il raconte trop d’histoire non plus. Parce que je l’ai pratiqué à Transparency international, un homme qui défend  un bandit comme le président du Nigéria là. Comment il s’appelait ? Vous êtes président de Transparency et vous défendez  le président du Nigéria là à qui le pouvoir a récupéré une partie de sa fortune ? Allons ! Cabral Libii moi ce qui m’énerve un peu c’est son histoire. Je suis Macron. Je suis Macron. Qu’il vienne d’abord dans les urnes. »
L’émission s’achève sur une note de remerciements. « Merci beaucoup. Merci beaucoup de m’avoir donné l’occasion de remercier ceux qui m’ont aidée et de remercier encore une fois de plus tous les confrères de la presse qui ont été là dès le premier jour. » Conclue t-elle.
                                                                                                      Rodrigue Djengoué.
                                                    
   
 
 
 
 

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