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Cameroun-Douala: Bénédicte Savoy "Il y'a plusieurs choses à faire''

Deux experts mandatés par Emmanuel Macron le président français ont été reçus le lundi 16 juillet 2018 à la fondation AfricAvenir situé à Bonaberi dans l’arrondissement de Douala IVe. Les deux hôtes madame le professeur Bénédicte Savoy du collège de France et monsieur le professeur Felwine Sarr de l’Université Gaston Berger à Saint Louis du Sénégal ont échangé avec l’assistance constituée des chefs traditionnels et des hommes de médias sur la restitution des objets de culte, d’arts et de documents africains transférés en France depuis la période coloniale. Au terme des échanges, Bénédicte Savoy historienne de l’art a accordé un entretien aux journalistes.

Bénédicte Savoy face aux journalistes
Qu’est ce qui doit être fait concrètement pour que ces objets reviennent au Cameroun ?
Pr B. Savoy : Il y a plusieurs choses à faire. Une des choses les plus importantes à faire c’est de casser les blocages psychologiques sûrement chez les européens qui certains souvent les plus âgés pensent que en Afrique on n’est pas capable de conserver son patrimoine. Et sa Felwine et moi on n’y travaille beaucoup, à essayer d’enlever ce blocage psychologique chez les plus âgés peut être. Les plus plus jeunes en Europe ont très envie que ces oeuvres reviennent et que sa donne un nouveau départ, un nouvel élan à la relation entre l’Afrique et l’Europe. Sa c’est un point. Ensuite il y a des choses pratiques à faire.
Une chose qu’on a faite qui était très importante pour nous c’est de faire des listes, des inventaires des objets de chaque pays africain actuel comme du Cameroun, du Sénégal, du Bénin, etc. du Mali qui sont aujourd’hui dans le musée principal en France à Paris au musée du Quai Branly pour que chacun sache ici en Afrique ce qui est parti dans les trentes dernières années. Parce qu’on ne peut pas demander à des pays africains de réclamer quelque chose ou de le reprendre s’ils ne savent même pas ce qui a été perdu. C’est pour cela qu’on n’a fait des inventaires très importants.
Pour le Cameroun, on compte 15 000 pièces, 15 000 pièces qui sont uniquement à Paris. Et je pense qu’il y a encore dans d’autres régions de France. C’est important de faire cette liste, et la donner, la rendre transparente. C’était extrêmement important. Ensuite il y a un travail juridique à faire c’est-à-dire que en France malheureusement ce qui arrive dans un musée, c’est sa destination finale. C’est terminé ! On ne rend plus jamais.
Dans combien de temps ces objets pourront être restitués ?
Pr B. Savoy : On espère que sa ira vite. Le président Macron voudrait que tout se passe, cette restitution dans l’espace de 5ans parce que probablement il veut aussi le capitaliser pour nous bien sûr. Mais la vrai raison pour laquelle Felwine et moi on se bat, c’est pour les générations d’après, pour nous qui sommes là. Mais c’est pour les petits qui arrivent qui auront le droit aussi sur le continent africain d’être en contact avec la créativité de leur ancêtres, notamment les musées, mais pas seulement dans les musées. Et pour reprendre ce que disait Felwine ce qui m’a beaucoup frappé dans cette réunion aujourd’hui c’est l’intensité du dialogue. On n’est pas entrain de faire du blabla hein… On n’a vu les chefs transitionnels ils se lèvent, ils parlent et c’est puissant. Et sa nous bouscule un peu. Mais c’est pour cela qu’on n’est là. C’est pour comprendre aussi les émotions que soulève le patrimoine et sa soulève les émotions différentes selon les traditions des pays. Et ici elles s’avèrent très puissantes.
C’est bien de parler de restitution mais alors est-ce que les coûts de cette restitution seront supportés par le Cameroun ou alors par la France?
Pr B. Savoy : C’est une question extrêmement importante et nous Felwine et moi on n’est chargé d’émettre des propositions. C’est pourquoi à ce stade de la réflexion on n’a pas discuté avec un pays.
Mais à mi parcours de notre mission, je pense qu’on proposera l’un et l’autre que le coût concret d’accompagnement pédagogique, de mise en valeur etc. de coopération, de formation, de conservation etc. soit bien sûr pris en charge par la France si les pays africains le désirent. Si certains pays africains disent non on veut se débrouiller pourquoi pas non plus?
Mais il faudra évidemment que la France comprenne que restituer les objets d’art, restituer des patrimoines ce n’est pas quelque chose qui se fait gratuitement cela a un coût. Et il faut prendre sa très au sérieux pour que tout se passe bien pour ceux qui rendent et pour ceux qui récupèrent.
Propos recueillis à AfricAvenir par Rodrigue Djengoue.

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  1. Quelle bonne nouvelle ! Au-delà de cette première étape, vivement que les décisions soient prises dans l’urgence pour la concrétisation effective de cette heureuse initiative.

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