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Cameroun-Violence en milieu scolaire: Emmanuel Ngouaba “J’ai souvent proposé la solution des gros bras”

Dans un entretien accordé à notre confrère de radio equinoxe, Emmanuel Nkunke Ngouaba enseignant et inspecteur régional de mathématiques propose une piste de solution pour juguler les actes de violence des élèves dont sont victimes les enseignants ces derniers temps dans les lycées et collèges du Cameroun. Interview.

Radio Equinoxe: Professeur bonjour.

Emmanuel Ngouaba: Bonjour.

Radio Equinoxe: vous êtes syndicaliste, alors comment est-ce que les enseignants vivent cette recurence des violences au sein des lycées et collèges?

Emmanuel Ngouaba: Disons que en tant que enseignant et analyste de l’éducation euh… je pense que c’est une situation qui n’est pas nouvelle même si elle est préoccupante. Ce qu’on peut dire c’est que malgré les multiples cas de violences, il y a eu le cas du lycée bilingue de Deido il y a quelques temps où un élève avait poignardé son camarade. Et puis on n’a également signalé du côté du lycée bilingue de Bafoussam pas plustard que hier (mardi) un ou des enfants qui avaient agressés sauvagement le surveillant général. Ces cas là ne sont pas nouveaux. Mais ce qui est inquiétant c’est le silence des responsables du ministère des enseignements secondaiires qui euh à mon humble avis ne prennent pas la mesure du problème.

Radio Équinoxe: Pour vous prendre la mesure du problème serait faire quoi par exemple?

Emmanuel Ngouaba: Il est question euh lorsqu’on est dans ce genre de situation comme ça se passe dans tous les pays qu’il y ait par exemple des réunions de crise qui essayent de comprendre le phénomène, qu’il y ait des débats et que le débat soit ouvert. Parce-que j’ai l’impression que la question de la violence en milieu scolaire est une question taboue parce-que généralement on n’en parle comme un fait divers. On considère ça comme un fait divers alors qu’il fallait s’assoir effectivement et étudier profondément la question. On n’a parlé de Deido, on n’a parlé du cas du nord. On n’a parlé de Bafoussam, d’Ebone. Je pense qu’au delà des faits divers, au delà de l’action ponctuelle. Il faut s’assoir et sinterroger sur les causes profondes du mal et envisager des solutions pertinentes.

Radio Equinoxe: Comment dresser de manière efficace justement cette resurgence de la violence, des attaques contre le personnel enseignant?

Emmanuel Ngouaba: Non mais moi j’ai souvent proposé hein. Je maintiens ma proposition. Cela a souvent fait rire les gens. Je pense que lorsqu’ il y’ a les cas d’agression comme ça se passe les gens ne devraient pas rire. J’ai souvent proposé la solution des gros bras. Parce-que les effectifs de la police, de la gendarmerie ne permettent pas de mettre deux ou trois éléments dans chaque établissement. C’est pas facile. Donc la solution la plus simple que j’ai proposée depuis plusieurs années c’est la solution des gros bras. Et avec l’association des parents d’élèves. C’est une solution est pertinente, qui me semble pertinente et réaliste. Si vous mettez deux ou trois gros bras dans un lycée, je suis sûr que vous allez éloigner les petits délinquants, les fumeurs de chanvre parce-que en passant je vous signale que les élèves ou encore les agresseurs, ou même ceux-là qui viennent du quartier pour venir commettre des actes de violence dans l’établissement ne sont pas des bandits de grand chemin. c’est simplement des anciens élèves délinquants ou encore ceux-là qui sont pratiquement desoeuvres dans les quartiers et qui parfois viennent se venger de leurs anciens enseignants. Donc je pense que la solution des gros bras pour moi me semble être une solution intéressante.

Les gros bras qui ne seront pas là pour intimider, ou bien torturer les élèves mais tout simplement pour jouer un rôle dissuasif. Bon maintenant l’autre solution c’est de former les surveillants généraux et de façon extraordinaire les surveillants généraux eux-mêmes ils ne sont que des simples enseignants et par la force du décret ils ne peuvent pas être effficaces et compétents. Donc je pense aujourd’hui la violence dans les établissements on ne peut plus gérer la discipline comme il y a trente, quarante ans. Aujourd’hui il faudrait doter les surveillants généraux, les surveillants de secteur d’un certain nombre de compétences en matière de maintien de la sécurité dans les etablissements scolaires. Je pense que cette solution est interressante parce-que si les surveillants généraux sont formés, ils peuvent par exemple désarmer les gens qui viennent avec les armes blanches. Si un surveillant général est formé, il peut par exemple désarmer un enfant qui a un couteau. On n’a la chance qu’on n’a pas encore eu des cas comme aux Etats-Unis où parfois les élèves viennent avec les armes à feu. Donc aujourd’hui ce sont les armes blanches. Je pense que si les surveillants généraux sont formés il peuvent facilement… Déjà même ça va intimider certains enfants qui n’oseront pas franchir les murs des établissements scolaires.

Radio Equinoxe : Emmanuel Nkunke Ngouaba merci.

Emmanuel Ngouaba: Merci.

Propos décryptés par Rodrigue Djengoue.

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