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Cameroun-Médias : Henriette Ekwe ‘’Il y a très peu de considération accordée aux femmes dans les médias’’

Dans la deuxième partie de l’émission dominicale « Une semaine, un dimanche », la militante politique, l’ancienne directrice de publication du journal camerounais Bebela, a évoqué avec le présentateur la place des femmes  dans la presse camerounaise.
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Dans la suite de l’émission consacrée à la journée internationale de la liberté de la presse, Henriette Ekwe a été interrogée sur la considération accordée aux femmes dans les médias camerounais. « Il ya très peu de considération accordée aux femmes dans les médias. Il y a quelques années, la fédération internationale des journalistes (J’étais membre du conseil genre.) avait instruit de faire une enquête d’une manière générale sur la promotion des femmes. Et quand  j’ai rencontré les officiels par exemple de CRTV (Média public camerounais Ndlr), ils m’ont dit qu’il y avait 20 postes de direction et il y a 18 pour les hommes et deux seulement dont la direction commerciale pour les femmes. Or ces femmes là étaient de la même génération que les stars, les Alain Belibi, Antoine Marie Ngono etc. Mais elles n’ont pas eu la promotion qui était due à leur rang, à leur expérience comme les garçons ont pu en bénéficier. Alors elles sont allées les Babara Etoa, elles sont allées  finalement dans les institutions de l’ONU et ailleurs où elles ont eu des postes de responsabilités dans la communication du système des nations unies où elles étaient employées. On comble sa aussi par une volonté (La discrimination). Parce qu’il faut une volonté. Alors la volonté il faut quand même voir. Il y a peu de filles qui acceptent des rubriques de prestige comme l’économie et la politique. Souvent les garçons se jettent à l’eau pour l’analyse politique, confrontation des idées et tout. Elles sont dans le social, etc. qui a moins de visibilité et qui ne leur donnera pas facilement des postes de responsabilités comme rédacteur en chef etc. Moi je vois tous les jeunes qui se sont  illustrés depuis 90 dans la presse privée, ils se sont jetés à l’eau. Quand ils ne comprenaient pas grande chose, ils venaient voir des hommes politiques, ils disaient je ne comprends pas ceci, comment on peut mettre telles idées. On n’a fait notamment à l’UPC un grand volet de formation des journalistes politiques de 1990, 91, 92. Parce que c’était nouveau de confronter des idées. Il y avait un parti unique, on récitait ce que le parti unique avait dit. Mais maintenant vous avez cinq, dix opinions différentes et il faut pouvoir analyser. Il faut qu’elles se battent (Les femmes journalistes Ndlr). Parce que un journaliste homme, tu vas lui dire l’importance d’être cultivé, et  il va tout faire pour être cultivé. Il va lire, il va demander des ouvrages, il va aller au centre culturel français. Il va étoffer sa pensée.  Et donc il va s’élever par rapport au type qui dit que bon Fru Ndi était fâché il a donné une gifle à  je ne sais pas qui. Ce n’est pas sa. Il faut pouvoir analyser des informations politiques et en tirer la substance.  Quelque soit son opinion bien sûr. » Souligne t-elle avant d’ajouter : « Les femmes se sont beaucoup mobilisées dans les luttes démocratiques des années 91, 92. Terriblement !  Elles ont été dans les commissariats, elles ont été battues, elles ont été violées, elles ont tout subi. Mais quand la période des élections est arrivée, parce que le président était malin il a brandi le carnet de chèque en disant j’ai 500 millions vous avez intérêt à sortir de la rue et à entrer dans le processus électoral. Et quand le processus électoral est arrivé, les hommes ont délibérément écarté les femmes, et les femmes se sont retrouvées  heureusement  dans des ONG (Organisation Non Gouvernementale) où il y a toute une diplomatie des ONG. Elles ont voyagé, elles étaient à New-York, elles étaient à Beijing. Bref elles ont retrouvé une respectabilité que les hommes leurs ont refusé. C’est pour cela qu’il y a toujours moins de femmes députés. Parce que aucun mari ne peut accepter que la cagnotte de la famille aille dans les élections. (Rire du présentateur.) »
Au Cameroun l’ONG ‘’More women in politics’’ qui travaille pour l’amélioration du genre dans l’espace politique se félicite de ce que le nombre de femmes au sénat s’est amélioré avec la nouvelle législature. On n’est passé de 20 femmes au sénat à plus. Un bilan insuffisant pour la militante des droits de l’homme et des libertés. « Ce n’est pas suffisant. Au Rwanda, au Burundi, des pays qui sont censées être plus… Disons reculés que les nôtres. Parce que chez nous il y a quand même les filles à l’université. Elles ne s’amusent pas. Parfois elles sont devant les hommes.  Donc grâce à l’administration coloniale mais grâce aussi aux missions protestantes,  catholiques et autres on n’a envoyé beaucoup d’enfants à l’école, les filles. Et ça c’est partout. Parfois je me suis retrouvée à des endroits très reculés où je pouvais trouver  une femme au champ qui parle un français impeccable avec des accords. J’ai vu sa dans le sud  j’ai vu sa à l’est, j’ai un peu vu à l’ouest. Donc on ne peut pas dire que les femmes sont en de sa de ce qu’elles  peuvent être. Sur le plan de l’université, elles sont très brillantes. Maintenant le pouvoir n’affiche pas la volonté de leur donner la place qu’il faut. C’est sa le danger. Evidement comme on donne tous les postes de DG aux hommes, personne n’a un C.V avec une expérience que j’ai dirigée telle entreprise parapublique, ou telle direction et c’est voulu.  C’est une volonté d’écraser les femmes qui est vraiment injuste. Je dis totalement injuste. Je dis bien même dans nos luttes démocratiques là où on voyait les femmes organiser la défense des petits enfants qui étaient dans la rue et que les militaires pourchassaient pour leur tirer dessus. Elles n’ont pas démérité même du temps de la lutte pour l’indépendance. Les femmes ont beaucoup fait. Un jour on n’aura le temps de parler de sa, de la contribution des femmes. Elles ont été violées, elles ont subi des viols collectifs. On n’en parle pas ! Il y avait un militaire à l’ouest. Son jeu favori s’était d’introduire des bouteilles avec de l’eau chaude dans le vagin des femmes. Il y a  un autre qui était tellement fou qu’on n’a fini par l’envoyer à Tcholéré. Son jeu favori c’était de demander… On brule un village, on met les garçons, les jeunes gens qu’on a trouvés d’un coté, les mamans d’un coté. Chacun dit voilà ma mère,  voilà mon fils…Et puis on leur dit de violer leur maman. Sa s’est passé au Cameroun. Mais on n’en parle pas beaucoup. Et d’ailleurs j’ai écrit un hommage à Winnie (ex première dame sud africaine. Ndlr), et cet hommage, j’ai trouvé le besoin d’écrire aussi quelque chose sur ce que les femmes ont subi. »Explique Henriette Ekwé.
Dans le prochain article consacré au récent passage d’Henriette Ekwé à l’émission radiophonique ‘’Une semaine un dimanche, nous évoquerons son analyse de l’actualité politique au Cameroun.
                                                                                              Rodrigue Djengoué.
 
 

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